Le projet
Le projet « Repenser Haïti avec les jeunes » devrait permettre aux Haïtiens et Haïtiennes, restés au pays et dans la diaspora, de se faire une idée plus réaliste des attentes de la jeunesse haïtienne autant que de lui offrir des opportunités en matière de transferts de connaissance et de débouchés professionnels. Ces 10 visioconférences, qui seront organisées et exécutées sur une période de 12 mois, seront interactives, permettant ainsi des débats ouverts et des échanges d’idées sur l’ensemble du territoire haïtien entre Montréal et Haïti.
Le contexte
L’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI) a clôturé, à la fin de l’année 2007, les travaux du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), dont la phase de collecte a été initiée le 12 janvier 2003. Selon ce recensement, « la population haïtienne présente une structure jeune. Plus de la moitié de la population est âgée de moins de 21 ans. Les personnes âgées de moins de quinze ans représentent 36,5 % de la population, celles de 15 à 64 ans 58,3 %, tandis que la population âgée de 65 ans et plus est de 5,1 %. (…) « Dans l’ensemble du pays, la population active représente 54,4 % des personnes de quinze ans et plus. Pour la population de dix ans et plus, ce taux est de 47,7 %.» Le chômage touche 57,1 % d’étudiants et d’élèves, il n’est donc pas étonnant que « les Haïtiens fuient la campagne pour la ville, et ceux des grandes villes (certaines provinces) tentent de fuir le pays. [1] »
Selon un rapport récent de la Banque Mondiale, 83% des cadres haïtiens ont fuit le pays et se sont installés à l’étranger. De son côté, The International Crisis Group vient de publier un rapport intitulé, « Peace building in Haiti: including haitians from abroad » soulignant que « les autorités haïtiennes se réfèrent constamment à sa diaspora comme une source de stabilité et de développement mais ceci n’est pas concrétisé dans les actions » (…) « De son côté, la diaspora haïtienne entretient l’illusion d’une Haïti chérie mais attend que le gouvernement puisse l’inclure entièrement dans la destinée du pays. La méfiance existe donc des deux côtés ». Ce rapport fait la conclusion suivante : « La diaspora, avec ses investisseurs, professeurs, techniciens, travailleurs de santé et ses associations communautaires est moins polarisée et prête, avec ses talents, à tracer la voie vers la paix durable et le développement d’Haïti. La politique d’inclure la diaspora n’est pas une panacée mais Haïti ne peut se permettre d’outrepasser cette option. [2]»
Les objectifs
L’objectif principal de ce projet est de contribuer à redonner l’espoir à une jeunesse exclue et à rendre Haïti plus attractif comme pays pour ses jeunes.
Dans ce contexte, l’AIHC souhaite, en 2008, s’adresser à la jeunesse haïtienne en Haïti et à lui donner la parole à travers des visioconférences organisées depuis Montréal jusqu’à Port-au-Prince ainsi que dans les grandes villes de province en Haïti. Cette initiative permettra de mieux appréhender les attentes d’une jeunesse exclue des débats médiatiques et sociopolitiques autant de permettre un transfert de connaissances, à moindres coûts, vers la terre natale. En ce sens, l’AIHC souhaite réaliser en 2008 - avec des partenaires haïtiens et internationaux - une série de 10 visioconférences, destinées à la jeunesse du pays, autour de thèmes cruciaux pour le développement du pays autant que pour la pensée des jeunes. Repenser Haïti a déjà été effectuée par les jeunes (avec Jacques Roumain et Jacques Stephen Alexis par exemple), pour les jeunes (à travers diverses associations) mais jamais avec les jeunes.
Le projet « Repenser Haïti avec la jeunesse haïtienne » devrait permettre aux Haïtiens et Haïtiennes, restés au pays et dans la diaspora, de se faire une idée plus réaliste des attentes de la jeunesse haïtienne autant que de lui offrir des opportunités en matière de transferts de connaissance et de débouchés professionnels. Ces 10 visioconférences, qui seront organisées et exécutées sur une période de 12 mois, seront interactives, permettant ainsi des débats ouverts et des échanges d’idées sur l’ensemble du territoire haïtien entre Montréal et Haïti.
La Faculté des Sciences de l’Université d’État d’Haïti sera l’hôte des visioconférences à Port-au-Prince. Ces dernières seront également diffusées dans les villes de province suivantes : Jacmel, Cap Haïtien, St Marc, Gonaïves, Jérémie, Les Cayes et Hinche. Pour pouvoir participer à ce projet, les villes de province devront fournir une salle d’accueil gratuitement pour les 10 visioconférences et former un comité de coordination régional et d’animateurs pour les ateliers qui seront en contact permanent avec le comité de pilotage national à Port-au-Prince. Un petit budget sera alloué par l’AIHC à chaque comité régional pour faire face aux frais d’animation et de logistique. Parmi les partenaires de l’AIHC figurent de nombreuses associations de jeunes. Ces dernières, en collaboration avec les comités de coordination à Montréal et à Port-au-Prince, pourront sélectionner les panélistes qui interviendront dans les visioconférences afin de permettre une meilleure représentativité de la jeunesse haïtienne au niveau national. Le même procédé sera utilisé à Montréal afin d’avoir des jeunes Haïtiens représentatifs de la diaspora haïtienne au Canada.
De plus, le contenu de ces visioconférences sera enregistré, collecté et diffusé sous la forme d’un livre ou de matériel pédagogique par la suite. Ce contenu sera également distribué gratuitement aux différents médias haïtiens et figurera dans la banque de données du site web de l’AIHC mis en ligne spécialement pour ce projet (www.haiti-québec.ca) ainsi que sur les sites web des différents partenaires ayant participé à la réalisation de ce projet. De plus, un partenariat avec les grands médias haïtiens sera conclu afin d’obtenir une large diffusion du contenu de ces visioconférences.
Ainsi, après avoir rendu justice à l’image haïtienne à l’étranger, l’AIHC s’engage à rendre justice à la jeunesse haïtienne afin, d’une part, qu’elle ne soit plus destinée à être sacrifiée comme les générations précédentes et, d’autre part, qu’elle puisse être outillée pour forger son propre avenir ainsi que celui de la nation haïtienne.
[1] Thomas Lalime, Photographie de la population haïtienne, Haïti en chiffres, Le Matin, 4 janvier 2008.
[2] International Crisis Group, Peace building in Haiti: including haitians from abroad, Latin America/Caribbean Report N°24 –December 14th, 2007, page 23
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